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Messieurs les bénéficiaires de la loi 1905,
Cessez un peu de nous parler du régime Nazi et balayez devant votre porte !
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Le bilan retraite
LA
RETRAITE
UN BON RETRAITÉ DU SECTEUR
PRIVÉ
EST UN RETRAITÉ MORT !
Première partie
Pour la retraite, dans le « privé », il vaut mieux s’y prendre à
l’avance.
Sa vie professionnelle durant, on s’est activé dans des
entreprises différentes. Peut-être aussi, on a travaillé dans des sociétés d’intérim qui effectuaient des
feuilles de payes à la semaine.
À la fin d’une carrière bien remplie, cela peut représenter une jolie montagne de feuilles de payes. Bien
entendu, va s’en dire, pour le cas où l’on a pris le soin de conserver les précieuses traces de ses
cotisations sociales.
Au départ, je me faisais pas
d’illusions. Cela ne serait pas simple !
Mais pour autant, je ne
m’attendais pas à en arriver à de pareilles extrémités.
Je commence par la voie du courrier.
Je m’y attendais un peu. Le bilan de carrière qui me parvient est très incomplet. Une année entière de cotisations a même totalement disparu.
Je me mets au travail. Je m’attache donc à compléter tous les manques. Je ne suis pas un
spécialiste. Faut-il prendre en compte les salaires nets ou les salaires bruts ? Allez
savoir ?
Par ailleurs, je ne souhaite pas envoyer ma montagne de feuilles de payes par courrier postal. Je suis
inquiet. L’avenir me confirmera que mon inquiétude était justifiée.
Et d’ailleurs, ces feuilles de payes, on ne me les demande même pas. C’est tout dire !
Rapidement, j’ai le sentiment de déranger.
Sous le prétexte de me poser une question, question dont la Caisse de Retraite connaître la réponse mieux que moi, on me renvoie à chaque fois l’intégralité de mon dossier.
De tout évidence, on cherche à se débarrasser de mon dossier. Il est vrai qu’il y a sur mon
dossier, un travail certain à effectuer.
Le
dossier semble maintenant totalement bloqué.
Par pratique, j’envoie un petit courrier
à l’autorité, le Préfet. Je ne joins qu’une seule pièce,
mais cette pièce est éloquente. Mon courrier n’atteindra jamais le Préfet. Le service courrier de la
Préfecture « botte en touche ».
Mon courrier au Préfet atterrit à la Mairie de Paris.
J’ai la confirmation que l’adresse est bien libellée. Il n’y a pas d’équivoque possible.
Néanmoins, mon courrier au Préfet va se mettre à tourner dans les bureaux poussiéreux des services de la Mairie de Paris. Que fait ce courrier à la Mairie de Paris ? Nul n’en sait rien ! C’est précisément ce qui va devenir le seul problème du mois d’août 2005 : « Que vient faire ce courrier à
la Mairie de Paris ? »
Une précision néanmoins, quand je prononce : « bureaux poussiéreux », je n’insinue pas que les femmes de ménage font mal leur travail. On aura compris.
Le manège va durer un mois.
Mon courrier passe de mains en mains, de bureau en bureau. Presque chaque jour, je reçois un coup de téléphone d’une personne différente qui ne comprend pas et me somme de
m’expliquer ! Que vient faire ce courrier chez nous ?
Au premier appel, les interlocutrices ne se présentent pas. Je pense être réellement en relation avec des employées de la
Préfecture. Je crois devoir répondre. C’est l’incompréhension la plus totale.
Pendant un mois, le courrier passe de bureau en bureau. Rapidement, je ne réponds plus ou j’envoie balader. Sur un ton outragé, je
m’entends même dire : « Mais monsieur ! Si le Préfet m’a
envoyé votre lettre à moi, c’est qu’il n’est pas compétent pour y répondre lui même ! » Elle ne manque pas d’air, cette employée
municipale !
Bref, début septembre, madame Olino, toujours de la Mairie de Paris, me téléphone à son tour. Madame Olino
se présente, elle. Elle donne l’impression d’être une responsable. Elle aussi me pose encore la question ! Pourquoi cette lettre est-elle arrivée entre mes
mains ?
Aurais-je été désagréable ? Quoi qu’il en soit, Madame Olino m’annonce que puisque c’est comme
ça, elle met ma lettre au Préfet dans la poubelle. Voilà enfin un problème de résolu, ce n’était pas trop tôt ! Merci, Madame Olino !
Le recours à une accompagnatrice.
Pour autant mon dossier retraite n’a toujours pas avancé. Je décide de changer la
méthode. Je décide de recourir aux services d’une accompagnatrice.
La méthode est bonne ! L’accompagnatrice fait les démarches. Elle prend les rendez-vous et absorbe
les chocs en jouant un rôle de modérateur. Et surtout, face à l’accompagnatrice, on n’ose pas trop dire à elle ce que j’entendrai plus tard.
Au début, les choses se passent
bien. Le contact est renoué. Un rendez-vous est arrêté avec Madame X. Je dois seulement lui apporter les feuilles de payes qui correspondent aux périodes litigieuses. Madame X en
fera des copies et me rendra les originaux. Cela paraît simple, à voir comme cela.
Ce jour-là, au rendez-vous
convenu, nous nous présentons à l’adresse mentionnée sur la convocation, rue de
Flandre.
Nous sommes accueillis par une affichette : « Toute agression, même verbale, fera l’objet
d’une plainte immédiate au Commissariat. »
On est en droit d’être surpris ! Je vous rassure. La surprise ne va pas durer très
longtemps.
Nous ne sommes pas les premiers. À l’accueil, il faut
faire la queue pour accéder aux deux hôtesses. J’accompagne mon accompagnatrice un moment.
Puis, notre tour approchant, je l’abandonne et viens m’asseoir dans un fauteuil d’attente.
À la première hôtesse, mon accompagnatrice raconte sa petite histoire et montre la
convocation.
L’hôtesse lit la convocation. L’hôtesse ne peut pas ne pas s’apercevoir de la méprise. Elle fait mine de
ne rien voir et fait semblant de téléphoner. Le poste de Madame X ne répond pas. Il faut
attendre. Madame X est sans doute partie prendre un café. Ce sont des choses qui
arrivent.
On attend donc ! J’en profite
pour regarder et écouter.
Effectivement, il y a un problème. Nos
deux hôtesses sont des hôtesses de choc. On les imaginerait mieux comme concierges, un balai à la
main, dans une cour d’immeuble à faire la chasse aux colporteurs plutôt qu’à orienter la clientèle d’une entreprise importante.
De toute évidence, nous ne sommes pas dans une entreprise privée.
J’en passe et des meilleurs.
On se limitera à ce vieil Arabe qui s’était mis en tête, ce con, qu’il allait rencontrer la personne qui gère son dossier. Visiblement,
la personne ne s’active pas rue de Flandre mais on ne lui dit pas vraiment.
Est-ce que l’on considère le vieil Arabe pour un dangereux terroriste. Allez savoir ! Il n’a pas
l’air bien méchant, le vieil Arabe. Mais paraît-il, il faut
se méfier. Ce sont ceux qui paraissent le moins qui le sont le plus. D’ailleurs, nos hôtesses de choc s’y connaissent. Elles ont certainement suivi des stages pour déceler les terroristes au
premier coup d’œil. C’est évident.
Ce qui me paraît évident, en revanche, c’est que si le vieil Arabe n’était pas terroriste en entrant, il l’est devenu en sortant. Et l’avantage, il sait maintenant où il
doit déposer sa bombe.
À ce vieil Arabe, nos hôtesses de choc se contentent de lui dire que la personne qu’il espère
rencontrer ne reçoit pas. Elle ne répond pas non plus au téléphone. Il faut lui écrire.
On imagine le vieil Arabe prenant la plume pour rédiger noir sur blanc ses observations quant à l’évolution de son dossier retraite. On est en droit
de rigoler.
Le vieil Arabe réalise enfin que, malgré son insistance, il n’aboutira pas dans sa démarche.
En partant, l’hôtesse de choc ne lui dit ni au revoir, ni bonne journée. Elle se lâche d’un retentissant : « Allez voir ailleurs ».
Avec tout
cela, on s’amuse et le temps passe.
La deuxième hôtesse est maintenant libre. Je fais signe à mon accompagnatrice. Celle-ci se présente à la
deuxième hôtesse. Mon accompagnatrice fait son petit discours et montre la convocation. La deuxième
hôtesse en prend connaissance. Elle aussi, ne peut ne pas s’apercevoir de la méprise, elle fait semblant de téléphoner et annonce : « Le poste de Madame X ne répond pas ».
Mon accompagnatrice s’énerve.
Ce n’est pas normal, nous avons rendez-vous. Que se
passe t-il ? Je m’approche.
Eh oui ! Nous sommes deux ! Cela change la donne.
Sur une vielle sonorité de barbare Teuton, la première hôtesse de choc claironne que l’on ne peut pas joindre Madame X.
Mon accompagnatrice est surprise. Elle ne comprend pas ! À chaque fois qu’elle a téléphoné à Madame X, celle-ci a répondu de suite.
Je pense faire mon intelligent en conseillant à mon accompagnatrice, puisqu’elle dispose d’un téléphone portable, de téléphoner directement à Madame X. Je fais l’unanimité contre moi !
Cependant, la première hôtesse de choc est coincée.
Elle nous fait son cinéma. Haa-a ! Mais je comprend,
dit-elle ! Madame X ne travaille pas rue de Flandre ! Pour la joindre, il faut passer par l’extérieur ! (Sous entendu, le coup de téléphone sera facturé par Télécom.)
Quand on sait, dans ce genre d’administration, le nombre de coups de téléphones personnels passés le plus souvent en province pour
des futilités, tel que demander des nouvelles du chien du voisin qui est malade. Vous vous rendez
compte ? La pauvre bête ! A-t-on fait venir le vétérinaire ? Etc. etc.
Et que, cela fait maintenant une heure que nous attendons à deux parce qu’il faut passer un appel téléphonique payant de Paris à Paris, on est en droit de commencer à se poser des questions.
Après nous avoir bien fait comprendre que
nous utilisions l’argent des pauvres retraités, la première hôtesse de choc se décide enfin. Elle compose
le vrai numéro, celui qui est inscrit sur la convocation. Ô miracle de la technologie
avancée ! Madame X est à son poste et elle répond.
C’est ainsi que Madame X apprend que nous sommes au 110 avenue de Flandre et que nous apprenons que Madame X est rue d’Astorg. La moitié de
Paris nous sépare.
Madame X est confuse. Elle nous propose un nouveau rendez-vous pour le lendemain. Quant à
moi, je pense que nous avons le temps d’aller rue d’Astorg et de régler le problème le matin même.
Madame X nous attend.
En sortant, l’hôtesse de choc ne nous dit ni au revoir, ni bonne journée,
mais : « Bon
courage ! »
Ces désordres bien visibles couvrent des réalités bien
cachées.
Pour ma part, je suis convaincu qu’il n’y a pas de secret. Ces désordres bien visibles masquent des réalités bien cachées.
La Caisse de Retraite du secteur privé est une énorme machine financière.
Les gens qui dirigent cette entreprise en savent au moins autant que moi. Contrairement à ce que l’on nous raconte, si l’argent fait défaut à la Caisse de Retraite, ce n’est pas par le manque de travail et le manque de cotisations
des gens du secteur privé. (Chacun se sert !)
Rue d’Astorg
Rue d’Astorg , nous avons droit à des excuses. Si si ! Des vraies excuses ! J’vous mens pas !
Je laisse Madame X et mon accompagnatrice s’expliquer. Madame X prend ma chère montagne de feuilles de payes et part en faire des
copies.
Quant à moi, je préfère observer les allées et venues des costards cravates qui se croisent au pied de l’ascenseur. Je n’entends pas ce qu’ils se disent mais de les regarder me suffit.
11 heures 30, C’est le grand départ pour l’apéro. Il ne faut pas se mettre en retard pour le
repas de midi.
On remarque que dans ce milieu on ne se dit jamais ni bonjour, ni bonsoir, ni au revoir, mais : « Bon
courage ». Voilà un humour très Caisse de Retraite qui ne doit pas faire
l’unanimité.
Dans ce genre d’endroit j’ai pris l’habitude, par principe, d’avoir envie d’aller au toilette. Après renseignement, je trouve
facilement ma route dans un labyrinthe de couloirs.
Lors de mon retour, j’aperçois Madame X qui se bat avec mes feuilles de payes et une photocopieuse d’un modèle ridicule.
Je pense à certaines feuilles de payes. Ces célèbres bandelettes dont la longueur n’en finit jamais.
Certaines ont été rédigées en bleu. À l’époque, le bleu faisait joli mais, trente ans plus tard, la couleur a disparu.
Il est nécessaire de juxtaposer plusieurs feuilles de payes pour tenter de deviner ce qui est peut-être écrit sur une. Photocopier ces feuilles de
paye sur une machine de bricoleur du dimanche me parait impensable.
J’informe donc mon accompagnatrice que
selon moi, pour les copies, Madame X ne devrait pas y parvenir. Effectivement, après quelques temps, Madame X revient et nous
apprend que la photocopieuse est tombée en panne. Madame X se propose de garder mes feuilles de payes, de faire le travail, puis de me les renvoyer ensuite par la poste.
Un climat de confiance s’est installé. Ce qui m’importait était que Madame X ait mes feuilles de payes en main propre. Si ces feuilles se perdent lors du voyage retour, le préjudice sera minime.
Fin de première partie.
Contrairement au discours des journalistes et, à ce que racontent les crétins d’enseignants, la France
n’est pas une République laïque ! Quant à l’Europe ?
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